Comment réduire votre DSO pour améliorer votre trésorerie

Directrice financière analysant des indicateurs de trésorerie sur écran, optimisation DSO entreprise

Vos clients paient tard. Systématiquement. Vous le savez, vous le subissez, et votre trésorerie en souffre chaque mois. Le pire ? Vous passez un temps fou à relancer, sans vraie méthode, en priant pour que le virement arrive avant la prochaine échéance fournisseur.

Ce que je vois sur le terrain depuis plusieurs années, c’est que la plupart des PME et ETI ont un DSO gonflé artificiellement. Pas parce que leurs clients sont tous de mauvais payeurs. Mais parce que leur process de relance est défaillant. Les bonnes nouvelles : ça se corrige. En quelques mois. Sans casser la relation commerciale.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion financière personnalisé. Les résultats varient selon le secteur, la taille de l’entreprise et le profil client. Consultez un expert-comptable ou un DAF pour adapter ces recommandations à votre situation.

L’essentiel pour réduire votre DSO en 4 points

  • Segmentez vos clients par comportement payeur avant de modifier quoi que ce soit
  • Automatisez les relances préventives pour les profils à risque identifiés
  • Traitez les litiges en priorité absolue : un litige non résolu = facture bloquée
  • Mesurez votre progression chaque mois et ajustez votre approche selon les résultats

Ce que votre DSO révèle vraiment sur votre entreprise

Le DSO, c’est le nombre de jours moyen entre l’émission de votre facture et son encaissement. Simple en apparence. Mais ce chiffre raconte bien plus que ça.

Un DSO élevé, c’est de l’argent qui dort chez vos clients au lieu de travailler pour vous. Selon le rapport 2024 de la Banque de France, les retards de paiement représentent 15 milliards d’euros de trésorerie supplémentaire dont les PME pourraient disposer si elles étaient payées dans les délais. Quinze milliards. Ça donne le vertige.

13,6 jours

de retard moyen des entreprises françaises fin 2024

Ce chiffre masque des disparités énormes. Les grandes entreprises sont souvent les pires payeuses. Et dans certains secteurs, on frôle les 60 jours de retard. Le vôtre est peut-être au-dessus de la moyenne sans que vous le sachiez.

Ce qui me frappe dans la plupart des entreprises que j’accompagne : elles connaissent leur DSO global, mais jamais leur DSO par client. C’est comme piloter un avion en regardant uniquement l’altitude moyenne du trajet. Vous risquez de vous écraser sans comprendre pourquoi.

Le vrai coût d’un jour de DSO : Pour une entreprise avec 1 million d’euros de CA annuel, chaque jour de DSO supplémentaire représente environ 2 700 € de trésorerie immobilisée. Multipliez par votre CA réel. Le montant fait mal.

La formule de calcul importe moins que ce que vous en faites. Franchement, j’ai vu des DAF passer des heures à débattre entre méthode bilancielle et count-back alors que leur vrai problème était ailleurs : ils ne savaient pas qui relancer en priorité.

Les 4 leviers qui réduisent réellement votre DSO

Je recommande toujours de commencer par la segmentation. Avant de toucher au process de relance, avant d’acheter un logiciel, avant tout. Pourquoi ? Parce que relancer un client fidèle qui paie avec 5 jours de retard comme un mauvais payeur chronique, c’est perdre du temps et abîmer la relation.

Segmenter vos clients par comportement payeur

J’ai accompagné un DAF de PME industrielle l’année dernière. Quarante-cinq salariés, sous-traitance industrielle, DSO initial de 72 jours. Sa trésorerie était tellement tendue qu’il n’a pas pu répondre à un appel d’offres important. Le déclic est venu quand on a analysé ses clients un par un.

Résultat : 20% de ses clients généraient 80% des retards. Le reste payait correctement avec parfois quelques jours de dépassement. Son équipe perdait un temps fou à relancer tout le monde pareil.

Segmenter vos clients selon leur comportement de paiement
Profil Comportement type Priorité relance Canal Timing
Payeur fiable Retard 0-5 jours, régulier Basse Email automatique J+3 après échéance
Retardataire occasionnel Retard 10-20 jours, réactif aux relances Moyenne Email + appel si besoin J-5 avant échéance
Mauvais payeur chronique Retard 30+ jours, promesses non tenues Haute Appel direct + escalade J-10 avant échéance
Client stratégique fragile Gros CA mais retards fréquents Priorité diplomatie Contact commercial + comptable Anticipation systématique
Réunion entre direction financière et équipe commerciale pour optimisation du recouvrement clients
La coordination entre finance et commerce est clé pour préserver la relation client

Une fois cette matrice posée, vous savez où concentrer vos efforts. Les ressources de clearnox.com détaillent d’ailleurs comment automatiser cette segmentation pour gagner du temps sur l’analyse.

Automatiser les relances sans perdre le lien humain

L’automatisation n’est pas l’ennemi de la relation client. C’est son alliée. Mal utilisée, elle peut effectivement froisser. Mais bien calibrée, elle libère du temps pour les cas qui nécessitent vraiment une intervention humaine.

Le piège classique : automatiser les relances niveau 2 et 3 (celles qui font mal) tout en laissant la relance préventive manuelle. C’est l’inverse qu’il faut faire. La relance préventive (avant échéance ou juste après) peut être automatisée. C’est quand ça se complique qu’il faut décrocher son téléphone.

D’après les informations Service-Public.fr 2025, le taux minimal des pénalités de retard s’établit à 12,15% annuel au second semestre 2025. Mentionner ce taux dans vos relances automatiques a un effet dissuasif réel. Sans agressivité. Juste en rappelant la règle.

Voici la chronologie que j’observe fonctionner chez mes clients :


  • Émission facture avec échéance claire

  • Email accusé réception automatique

  • Relance préventive (clients à risque uniquement)

  • Premier rappel cordial automatisé

  • Relance niveau 2 avec mention pénalités

  • Appel téléphonique direct

  • Mise en demeure formelle

Traiter les litiges avant qu’ils ne bloquent tout

Un litige non résolu, c’est une facture gelée. Point. Et dans mon activité d’accompagnement de PME et ETI en France, je constate qu’une proportion significative des retards de paiement est en réalité liée à des litiges non résolus. Le client ne paie pas parce qu’il conteste quelque chose. Mais personne ne le sait côté comptabilité.

La solution ? Un circuit court entre le commercial terrain et la personne qui relance. Quand le client dit « je ne paie pas parce que la livraison était incomplète », l’information doit remonter dans l’heure. Pas dans la semaine.

Mon avis (qui n’engage que moi) : mieux vaut accorder un avoir de 200 € et encaisser 5 000 € rapidement que bloquer 5 200 € pendant trois mois pour une question de principe.

Votre check-up relance en 7 points


  • Vos clients sont segmentés par comportement payeur


  • Vous avez une relance préventive avant échéance pour les profils à risque


  • Les litiges remontent au comptable sous 24h maximum


  • Vos CGV mentionnent clairement pénalités et indemnité forfaitaire de 40 €


  • Vous mesurez votre DSO par segment client chaque mois

Les erreurs qui plombent votre DSO sans que vous le sachiez

Dans mon activité d’accompagnement de PME et ETI en France (B2B principalement, sur la période 2022-2025), je constate que la majorité des entreprises relancent tous leurs clients de la même manière. Cette approche fait perdre un temps précieux sur les bons payeurs et crée des frictions inutiles. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention et peut varier selon le secteur et l’ancienneté de la relation client.

Mais ce n’est pas la seule erreur. En voici d’autres que je vois régulièrement.

Piège fréquent : relancer trop tard les gros clients

Par crainte de froisser un client stratégique, beaucoup d’entreprises attendent 30, 40, voire 60 jours avant la première relance. Résultat : le retard s’installe comme une habitude. Le client comprend qu’il peut prendre son temps. Relancer tôt n’est pas agressif. C’est professionnel.

L’erreur inverse existe aussi : relancer de façon trop mécanique, sans tenir compte du contexte. J’ai vu des entreprises envoyer des mises en demeure automatiques à des clients qui avaient simplement un problème technique de virement. Relation commerciale abîmée. Pour rien.

Selon l’article L441-10 du Code de commerce, le délai maximal de paiement entre entreprises est de 60 jours date de facture ou 45 jours fin de mois. Beaucoup d’entreprises l’ignorent ou n’osent pas l’appliquer. Pourtant, c’est la loi. Et vos conditions générales de vente doivent le mentionner.

Autre erreur classique : ne pas facturer les pénalités de retard alors qu’elles sont obligatoires dans vos CGV. L’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 par facture existe pour une raison. L’appliquer systématiquement (ou menacer de le faire) change le comportement des mauvais payeurs. J’ai vu des DSO baisser de plusieurs jours juste avec cette mesure.

Poste de travail avec notifications de suivi des encours clients et alertes de trésorerie
Un suivi proactif des alertes évite les mauvaises surprises

Sur la gestion des impayés clients, l’erreur la plus sous-estimée reste l’absence de communication interne. Quand le commercial promet un délai de paiement de 90 jours au client mais que la comptabilité relance à 45 jours, vous avez un problème. Et ce problème coûte cher en temps perdu et en crédibilité.

Ce que j’ai observé chez un client industriel en 2023

J’ai accompagné le DAF d’une PME industrielle de 45 salariés avec un DSO initial de 72 jours. Sa trésorerie était tellement tendue qu’il n’a pas pu répondre à un appel d’offres important. Le principal frein ? Ses commerciaux refusaient que la comptabilité contacte « leurs » clients. Ils avaient peur de casser la relation.

La solution a été de les impliquer dans le process : communication préalable, segmentation partagée, et surtout, démonstration chiffrée de l’impact sur la santé de l’entreprise. En 6 mois, le DSO est passé de 72 à 48 jours. Les commerciaux ont fini par comprendre que des clients qui paient à temps sont des clients plus sains.

Vos questions sur l’optimisation du DSO

Quel est le DSO moyen acceptable selon mon secteur ?

Ça dépend énormément. Dans le commerce de détail, un DSO de 15-20 jours est normal. Dans l’industrie ou le BTP, on monte facilement à 50-60 jours. L’important n’est pas d’atteindre un chiffre magique mais de réduire votre DSO actuel de 10 à 20 jours. C’est déjà un gain de trésorerie significatif.

Comment calculer le coût réel de mon DSO actuel ?

Formule simplifiée : (Chiffre d’affaires annuel / 365) × nombre de jours de DSO = trésorerie immobilisée. Si vous avez 2 millions de CA et un DSO de 60 jours, vous avez environ 330 000 € immobilisés chez vos clients. À financer vous-même ou via découvert bancaire.

Dois-je relancer moi-même ou déléguer aux commerciaux ?

Les deux. Les relances de niveau 1 (préventives et premiers rappels) peuvent être gérées par la comptabilité ou automatisées. Mais dès qu’il y a un litige ou un client stratégique difficile, le commercial doit être impliqué. C’est lui qui connaît la relation et peut débloquer la situation.

Quand passer à la mise en demeure ?

Mon repère personnel : au-delà de 45 jours de retard sans réponse aux relances amiables, et après au moins un appel téléphonique resté sans effet. La mise en demeure n’est pas une déclaration de guerre. C’est un acte juridique qui protège vos droits et montre que vous êtes sérieux.

Un logiciel de recouvrement est-il rentable pour une PME ?

Si vous avez plus de 50 clients actifs et un DSO supérieur à 45 jours, probablement oui. Le gain de temps sur les relances manuelles et la visibilité sur les encours justifient l’investissement. Comptez entre 50 et 200 € par mois selon la solution. Faites le calcul par rapport au coût de financement de votre BFR actuel.

Si vous cherchez à structurer vos délais de paiement de manière plus formelle, la mise en place d’échéanciers de paiement peut compléter votre démarche d’optimisation du DSO.

Et maintenant ?

Votre DSO ne baissera pas en lisant cet article. Il baissera quand vous aurez segmenté vos clients, calé votre première relance préventive automatique, et débloqué ce litige qui traîne depuis trois mois.

Plutôt que de viser une réduction de 30 jours d’un coup, fixez-vous un objectif de 5 jours ce trimestre. Mesurez. Ajustez. Le DSO de 72 jours que j’ai vu descendre à 48 jours ne s’est pas amélioré en un mois. Ça a pris six mois de travail régulier.

La vraie question : par quel levier commencez-vous demain matin ?

Précautions sur l’interprétation du DSO

  • Les benchmarks DSO varient fortement selon le secteur d’activité et la saisonnalité
  • Une réduction trop agressive du DSO peut dégrader la relation commerciale
  • Les délais légaux de paiement et conditions générales de vente doivent être vérifiés avant toute relance

En cas de doute, consultez un expert-comptable ou conseil en gestion de trésorerie.

Marc Fournier, consultant en optimisation de trésorerie et recouvrement de créances, exerçant en cabinet indépendant depuis 2018. Basé en région lyonnaise, il accompagne principalement des PME et ETI du secteur B2B dans l'amélioration de leur cycle client. Son approche privilégie la segmentation des comportements payeurs et l'automatisation intelligente des relances. Il intervient régulièrement en formation auprès de directions administratives et financières.

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